Synthèse des thèmes du Colloque 2014

Synthèse des thèmes du Colloque 2014

 

  • Conscience et marche de l’Histoire

Le Saint Coran : Constitution et Foi

Dr Djaloul Mouhammad sidiki

Directeur de l’Institut Al-Ghazali de la Grande Mosquée de Paris

Comme il est établi que le mouvement de l’Histoire est inconstant toute communauté qui a connu des gloires successives s’est vue à un moment donné dépourvue de celles-ci  par la marche de l’Histoire qui les attribue à une autre communauté. Et c’est cela qui explique l’inéluctabilité du conflit humain. En réalité, l’Histoire n’est, par essence, qu’une consignation, par écrit, de faits qui doivent être précis quand il s’agit des conflits qui opposent de manière permanente les hommes. C’est ainsi que  les victoires, défaites et revers inscrits dans l’histoire des peuples deviennent de simples places et postures que ces peuples s’échangent, selon leurs forces ou leurs faiblesses qui créent ainsi les dominants et les dominés. Alors que l’exigence  d’une nation donnée est qu’elle sauvegarde ses gloires acquises, à défaut de pouvoir les accroître.

Il faut noter aussi que sortir du cercle de la défaite et de la faiblesse ne vient pas fortuitement, mais il doit être accompagné de manière inhérente d’une conscience assez suffisante pour revoir ce qui s’est passé d’un œil inquisiteur capable d’assimiler tous les détails du passé et d’anticiper en même temps sur ce qui est censé se produire. Mais dans les cas où les peuples vaincus se ferment les yeux devant la réalité des évènements, il ne pourra pas y avoir une conscience qui puisse les libérer de l’état dans lequel ils se trouvent.

Cependant, dans l’histoire de l’humanité, aucune loi n’a jamais organisé et régi la vie, le comportement  et la pensée humaine de la manière dont le Coran l’a fait. Autrement dit, l’Islam est venu pour  organiser la vie des Hommes.  Et sans nul doute,   les textes coraniques sont unanimes là-dessus, et sont corroborés par les arguments apportés par les oulémas qui ont confirmé que le Coran a établi  la voie idéale  que  l’homme doit suivre  durant toutes les étapes de la vie. S’il ne s’y égare pas, il ne  sera jamais malheureux. Sur cette voie, l’homme est guidé par la lumière éclatante qui lui illumine le chemin tant qu’il reste conscient et prêt à absorber plus d’illumination et d’orientation. Donc il est tout à fait naturel que l’on qualifie le Saint Coran du livre de l’humanité toute entière, car chaque homme y trouve tout ce dont il a besoin.

Nous ne nous serions pas trompés si nous affirmions qu’à la lumière du Coran et de la tradition  prophétique, le soufisme Sunnite  doit impérativement reposer sur trois éléments essentiels, à savoir : la Charia, le tarîqa et  la Vérité (haqiqa).

La Charia constitue les lois légiférées par Allah à travers son Prophète. Ces lois comprennent de façon générale des  ordres et des interdictions. La connaissance des préceptes de ses lois est obligatoire à tout musulman religieusement responsable (mokallaf), suivant ce qui lui est exigé en terme de foi, de  devoirs cultuels envers Dieu (‘ibadàt), de pratiques communautaires (mu’amalat) ou de moralités (akhlàq).

La tariqa est la pratique saine de la charia, c’est-à-dire : l’application des recommandations de la charia enjointes à tout (mokallaf).

Quant à la vérité (haqiqa), c’est la compréhension des  secrets et essences  des choses et la connaissance de certains invisibles (ghayb) inaccessible à l’homme simple. L’accession au haqiqa permet donc de prendre connaissance des actes agréés par Allah, ce qui procure plus d’ardeur et de sincérité (ikhlàs) à son auteur qui trouve davantage de plaisirs dans ce qu’il fait.

 

  • le Mysticisme d’aujourd’hui : autocritique pour mieux rectifier

Dr. Abdul Mughith Bassir

Dans cette intervention, j’aborderai, incha’ Allah, le recul palpable que le soufisme a subi tant dans la pensée que dans la pratique. Cela est dû à son éloignement des sources que sont le Coran et la Sunna. Je prendrai l’exemple de certaines confréries soufies en Orient comme en Occident qui, en s’éloignant de la voie tracée par leurs ancêtres, ont fini par intégrer en leur sein des pratiques d’innovation blâmable loin des deux premières sources de la législation islamique, ce qui a valu des critiques acerbes à tous les adeptes du soufisme.

Nous ne cherchons pas dans cette intervention à proférer des critiques à l’encontre du soufisme, mais notre but sera d’élucider les points forts et les points faiblesses du soufisme pratiqué de nos jours, en vue d’une  renaissance.

Le sujet sera axé sur trois points :

  1. Le soufisme exemplaire de l’Islam
  2. Le soufisme de nos jours : autocritique en vue d’une revalorisation
  3. Recommandations

 

  • Spiritualité en Islam

Yacob MAHI- Islamologue

La spiritualité en Islam, est une quête de sens, une donnée objective de l’identité humaine. En faire la promotion c’est insuffler l’éthique dans le quotidien. Dieu, l’Absolu, permet  d’exprimer la crainte, l’espérance, la confiance, et l’amour. Aimer, c’est se préparer à l’épreuve qui montre la voie de la foi. La foi c’est se réconcilier sans démission. C’est vivre avec Dieu parmi les hommes, dans l’exigence de la quête de libération. Le Coran nous invite au bel exil, la quiétude dans la solitude, pour acquérir la force dans l’adversité. C’est devenir la conscience éveillée des opprimés, au nom d’une citoyenneté spirituelle, un engagement responsable façonné par le cheminement de la foi. Il appartient à toute spiritualité de témoigner au cœur de la cité, du sens de la vie. Ensemble, elles peuvent assumer le rôle de catalyseur offrant à la société des repères. Le juif m’enseigne la complexité et la nécessaire nuance, le chrétien, que Dieu est amour, l’athée ou l’agnostique, que la foi ne s’oppose pas à la raison, et ne confond pas ma conviction avec des certitudes exclusivistes, le bouddhiste, que ma foi est une école de la paix, de maîtrise de soi, et de sérénité, et mes maîtres musulmans, que ma foi impose le prix de l’effort permanent. Avec toutes ces spiritualités, l’horizon humain est identique, réformer l’espace de son intériorité, le sens du jihâd. La gestion de ces tensions est la condition d’accès à ma foi qui libère des illusions et offre une lucidité en quête de l’Absolu. Etre autonome, sujet de son histoire, acteur de sa cité, capable de s’exprimer de façon audible, de prendre une position critique et une décision circonstanciée sur les questions de société, tel est le souci du citoyen qui ne met pas sa foi en veilleuse. Avec maître Sadek Charaf, (1936-1993), je proclame que « le dialogue n’est pas l’extinction de soi en l’autre, mais une construction perpétuelle de soi avec l’autre ». La spiritualité libératrice refuse une société tournée vers l’exclusion, qui renforce un communautarisme destructeur de l’altérité culturelle. Il nous faut sauvegarder une pluralité de référence identificatoire. Je dirais avec Roger Garaudy « une résistance qui serait un souffle nouveau, pour participer à un avenir qui ne serait pas le simple prolongement du passé, mais l’action incessamment créatrice du futur, qui a déjà commencé ». Inshâ Allâh.

  • Le Concept de Soufisme et son importance pour l’individu et la société

Sâlih Salâm

Les éléments constitutifs de cette étude :

  • Cette communication  aborde des aspects essentiels du Soufisme islamique. En effet, l’auteur étudie la situation critique de la ‘Umma islamique, sous la lumière des études approfondies de cette pensée, réalisées par les plus grands soufis musulmans. Ces derniers, malgré leurs divergences doctrinales, ont bien étudié cette question,  en vue de construire une vision claire sur l’authenticité du Soufisme, ainsi que son importance religieuse et sociale.
  • Sur ce, l’auteur s’évertue à débattre sur les plus grandes questions  du Soufisme, qui sont en rapport avec les inquiétudes de la communauté  musulmane, ainsi que  l’importance capitale que les chercheurs ont accordé au patrimoine du Soufisme islamique.

Au premier rang de ces problèmes, on peut citer : la légitimité du Soufisme, son originalité et son authenticité, mais aussi sa position sur les relations entre le Seigneur, le monde et l’homme. De même, on peut noter le rôle historique que le Soufisme puisse jouer dans le cadre du processus de la restitution des éléments constitutifs de la personnalité du musulman pour la préservation de son identité face aux défis internes et externes.

  • En se basant sur cette idée, nous constatons que le patrimoine intellectuel islamique, en général, et le soufisme en particulier, doivent figurer parmi les préoccupations de la communauté musulmane, dans le cadre de la résolution des problèmes auxquels elle est en train  d’être confrontée actuellement. Cela veut dire que nous sommes obligés de  nous inspirer et de  nous initier à cette législation que les soufis avaient l’intention de réaliser. Tout ceci pour préserver, depuis le deuxième siècle de l’hégire, l’identité de l’Islam. Au moment où les théologies scolastiques étaient des sciences de dispute, de discorde, d’angoisse et de conflits, le Soufisme, lui, était une science (avec conscience et certitude) avérée par laquelle les cœurs et les esprits retrouvent leur apaisement et leur tranquillité.

En se basant sur nos croyances, nous affirmons que l’acte authentique que nous devons accomplir n’est rien d’autre que de libérer l’esprit humain. Cela, jusqu’à ce que ce dernier puisse découvrir les aspects de déficience de son esprit, mais aussi qu’il puisse y remédier. De même qu’il puisse rechercher les voies et moyens pour la réalisation de la renaissance requise. « Le progrès, comme le définit Muhammad Âbid Al-Jâbirî,  c’est de restituer le patrimoine, afin qu’il puisse participer à  la réalisation de la renaissance au bonheur des hommes ».

 

  • Quel est le rôle du Soufisme dans la vie contemporaine de la Oumah?

Axe premier: Essence du soufisme et son rôle dans la construction de la personnalité du Musulman  face aux  défis du monde contemporain

Thème de la Communication : La Béatitude éternelle est dans le Soufisme.

 

Al-Tayyib Abdul Wahab Hajj Al-Tayyib

Membre du Collège des Oulémas du Soudan

 

Louange à Allah !  L’Unique Dieu que nous implorons pour ce que nous désirons. Que la paix et le salut d’Allah soient sur notre Maître, le Prophète Muhammad, la voie d’accès à tout bien, ainsi que sa famille et ses Compagnons qui sont les clefs de la droiture.

Nous vivons aujourd’hui dans un monde dominé par la passion et le matériel, pris en otage par les fantaisies et les jouissances, un monde épicurien satanique et incontrôlé où péché et ignominie font rage. C’est une époque où le Diable a  dominé les gens et leur a fait oublier le Rappel d’Allah ; une époque où il est rare de trouver quelqu’un qui se conforme à la loi d’Allah, Lui obéit dans toutes   les circonstances, se soumet à ses préceptes en secret et en public. C’est pourquoi il est devenu obligatoire à toute personne qui aspire au salut quels que soient son appartenance, son obédience, sa formation, son niveau ou l’horizon de ses connaissances, de s’approprier le soufisme, de le pratiquer dans toutes les circonstances  parce qu’il est le remède efficace à toutes les maladies apparentes et cachées de l’âme, du cœur, de la raison ou du comportement, notamment celles des  temps modernes  qui se sont   répandues partout et devenues un problème complexifié et chronique. Partant  de là, le soufisme devient une obligation pour quiconque veut réfléchir et montrer sa reconnaissance (envers Allah). Il est la solution à tout problème,  le  réparateur de tout acte de cœur physique et le barrage solide contre les vices et les courants nocifs. De par sa vitalité, sa spiritualité et ses hautes orientations, le soufi peut, à lui seul, faire face aux courants dévastateurs et mettre un terme à sa vaste propagation. C’est lui seul qui puisse contrecarrer et détruire les plus farouches ennemis du cœur humain. Cependant, le prêche seul  ne pourra pas faire cesser les courants de passions et résoudre ses problèmes s’il n’est pas fait dans un environnement d’éducation soufie.  De plus, tout sermon dépourvu de bonne moralité, du goût et du sentiment soufi sera à même de régler les dilemmes des courants matérialistes.  Et, ni le verbe, encore moins, sera capable d’amener la personne à se départir de l’insoumission et de l’impudicité, s’il n’est pas accompagné de la crainte d’Allah, de chasteté, de rectitude et de piété.  D’où l’obligation d’écrire sur le soufisme, de diffuser les œuvres qui y ont été écrites, de dispenser des cours, des sermons et de publier les articles qui traitent des thèmes du soufisme afin de soustraire les gens à ce qui leur nuit ou leur porte préjudice en les détournant de l’objectif pour lequel  ils ont été créés. Car le soufisme est quelque chose d’inné chez l’homme, un penchant naturel. Et cela nécessite fortement de ressusciter et de développer cette nature et ce penchant originels qui doivent être entretenus pour pouvoir traiter les maux et maladies, résoudre les problèmes et difficultés. Ainsi, le remède de toutes maladies se trouve dans le soufisme ; sans lui on ne guérit aucune maladie.

Qu’Allah accorde sa récompense au Califat général de la Mouridiyya qui a contribué de manière efficace dans la construction de la personnalité du musulman soufi ; ce qui n’est pas d’ailleurs étrange si on sait que la confrérie a été fondée par l’Homme de Dieu, l’éducateur et le guide, Cheikh Ahmadou Bamba, qu’Allah soit satisfait de lui. Qu’Il déverse sa bénédiction sur ses califes, disciples et amis jusqu’au jour du jugement dernier; qu’Il leur accorde une part de l’héritage prophétique, par la grâce du Maître des créateurs, Paix et salut sur lui.

 

  • Al-Ihasan: Source de sécurité et de prospérité

Yahya Would Baraa

Le sujet de cette communication porte sur la contribution que le soufisme pourrait apporter au traitement des problèmes de la Oumah. Compte tenu des considérations et arguments purement idéologiques qu’un tel thème exige  du souci  à une partie de son contenu  empirique, je m’emploierai à apporter des exemples pratiques qui aboutiront à des suggestions et des conclusions susceptibles de sonder le fond du problème et d’y trouver des solutions idoines. Et pour y parvenir, nous allons nous inspirer de « l’expérience de la confrérie de la Mouridiyya » qui est un exemple éloquent, ayant su concilier les enseignements soufis comme source d’orientation et une volonté humaine sérieuse et responsable.

Il est évident que le Musulman, où qu’il puisse être, doit se conformer, dans toutes les circonstances, aux recommandations de la religion qu’Allah a choisie pour être la plus complète et la dernière qui a abrogé toutes les autres qui l’ont précédée dans les temps,  tant dans les  principes et prescriptions que dans les objectifs et orientations . Cette conformité ne doit pas être motivée par les intérêts matériels mondains, évidents et incontestables même soumis au jugement des ennemis les plus farouches, qu’elle contient  mais notamment par le souci de vouer à Allah une servitude sincère et pure. Soit: une Obéissance totale à ses ordres de Créateur qui enjoint les responsabilités. Et ceci, dans le but de se défaire entièrement des illusions de la raison et des tentations de l’âme. Il s’y conforme aussi pour accéder à la foi qui, selon le Prophète, ne serait parfaite que si l’homme se conforme totalement, aux préceptes de la charia par amour et ferveur ;  et cherche le bien pour tous Musulmans par les conseils et l’altruisme.

Il est clair pour les gens de la vérité que l’accès au grade de l’Ihsan est l’ultime objectif de l’Islam. Celui-ci est d’ailleurs composé de trois branches, et le djihad en est l’apogée. Cependant, comparé à celui de la langue et de la main, le djihad fait contre son âme demeure le plus important, le plus difficile. C’est l’Ihsan, recommandé dans plusieurs textes sacrés qui expliquent et définissent ses aspects aussi bien dans le Coran qui dit : « Allah recommande l’équité et la bienfaisance (Ihsan) » que dans le Hadith où le Prophète dit : l’Ihsan c’est d’adorer Allah comme si tu Le voyais [de tes propres yeux, toutefois], si tu ne Le vois pas [sache bien que Lui], Il te voit. Le Prophète dit également : (Allah a prescrit l’Ihsan dans toute chose, quand vous tuez ou égorgez faites-le de bonne manière ; que celui qui égorge aiguise son couteau pour soulager l’animal). Aussi, dans l’œuvre et les pratiques des Salaf Salih (les Ancêtres vertueux) qui consistaient à bien traiter les hommes et le reste des créatures,  trouve-t-on un nombre important de textes qui incitent à la bienfaisance (l’Ihsan).

De l’étude de ces nombreux textes sur l’ihsan, il en ressort que celui-ci est un objectif universel considérable, un mot dont le sens englobe toutes sortes de bienfaisance. De surcroît, il a le sens de sincérité dans les intentions, les desseins et la véridicité. Autrement dit, il a le sens de bonté, de compassion, d’amour, de paix, d’équité, d’entraide, d’altruisme, de lutte contre la corruption et le mal, de développement et de respect à l’égard des créatures de Dieu, soient-elles animaux ou inanimés.

Nul doute que l’Ihsan, la branche de la Religion étudiée par le Soufisme, reste l’unique remède aux problèmes matériels, idéologiques, psychologiques et sociaux de l’Homme, parce que contenant les hautes vertus  que nous avons énumérés. Parmi celles-ci, certaines  sont des recommandations divines auxquelles le Musulman doit se conformer au risque de tomber dans le péché. D’où l’hégémonie, qu’exerce l’Islam sur toutes autres religions, qui  fait d’elle  la religion que toute l’humanité doit embrasser. C’est la raison pour laquelle,  il est aussi obligatoire pour toute personne ayant reçu le message d’y appeler, et c’est dans cela que réside le salut d’ici-bas et dans l’Au-delà.

En parcourant l’Histoire, on constate que les Soufis étaient depuis toujours les pionniers de la divulgation de l’Islam, non pas par la force, mais plutôt par le mot doux, la parole décisive, le bon prêche, la compassion absolue, l’altruisme sincère et le bon exemple. De plus, ils étaient les pionniers les plus éminents dans la création des modèles  sociaux imbus de sérieux au travail aussi bien pour les biens mondains par la production, la construction et les services que pour le gain de l’au-delà. Et ce, soit à travers des actes qui les rapprochent davantage d’Allah comme la purification de l’âme, la lutte contre l’égoïsme, la haine, la complaisance, la rancune et le sentiment de supériorité sur l’autre, ou par des œuvres profitables aux gens.

Les enseignements de Cheikh Ahmadou Bamba, qu’Allah soit satisfait de lui, ont joué un rôle considérable dans l’incitation des gens à s’approprier ces valeurs précitées dont certaines font partie des attributs divins. Ainsi, l’Ihsan, dans son sens absolu, fut son abreuvoir et sa conduite comme l’ont bien illustré les termes de « khidma » et « iràda » qu’il choisit comme qualités les caractérisant (lui et ses compagnons) dans son projet éducatif et sociétal. Sa Voie se résume ainsi en khidma (rendre service à Allah et à son Prophète) et en conseil pour toute la Communauté ; c’est pourquoi il se fit appeler « Khadim Rassoul » (le serviteur du Prophète). Egalement, dans la recherche du bien licite, il  s’est attribué la notion de « Iràda» (la volonté), y a incité ses disciples  et donné à sa Voie le nom de Mouridya.

Nous espérons que ces deux termes lourds de sens seront suffisamment débattus durant ce colloque pour élucider leur sens et les traduire  en  faits et actes réels afin qu’ils puissent donner des résultats qui aideront à soigner les grands maux et solutionner les problèmes qui menacent l’avenir de la Oumah ,voire même ceux de l’humanité entière.